Thème de cet atelier : au choix
1/ Et si écrire ses peurs, c'était déjà commencer à les désarmer ? Écris un texte où tu mets ta ou tes peurs en mots.
2/ Ecris un texte à partir d'un entretien d'embauche qui ne se passe pas comme prévu.La situation peut-etre drôle, catastrophique, inattendue...A toi de choisir...!
Cette feuille blanche épouvantable !
Y’a pas photo, j’ai la pétoche !
C’est effroyable !
C’est pas fastoche !
Quelle frousse ! Quel challenge !
Ecrire mes peurs, les dévoiler ?
J’ai des souvenirs qui se mélangent,
Des vieilles trouilles non divulguées…
Y’a des terreurs qui nous font honte
Et cette appréhension qui monte…
Boule dans la gorge, c’est la panique !
L’alarme à l’œil
On d’vient phobique !
Pour rien, on s’inquiétude.
Oh mes frayeurs, mes lâchetés !
Comme un bouquet de certitudes
Restez cachées
Sans crainte …
Forte de ma capacité d’adaptation, de mes ressources physiques et intellectuelles, à 30 ans, je candidatai pour un nouveau poste.
En effet, la ville de Haplou souhaitait doubler ses effectifs en museculture.
La museculture devait être un nouveau concept nous invitant à cultiver des muses afin de trouver toujours plus d’inspiration. Je m’y voyais déjà, très enthousiaste à l’idée de chercher des moyens afin de participer à l’ouverture du monde des arts pour tous.
Je m’imaginais même réaliser un documentaire ressemblant à une sorte d’opéra fantastique pour faire la promotion de cette belle idée.
Qualités requises : athlétique, créatif, énergique, adaptable tant au niveau du public qu’aux horaires de travail, travail à réaliser dehors et dedans. Moi qui n’ai jamais aimé la routine de journées possiblement identiques les unes aux autres, oui, cela pouvait m’intéresser. De fiche de poste il n’y avait pas vraiment mais encore une fois, je peux apprécier ce qui part un peu dans tous sens.
Bref, je fis un courrier plutôt sobre quand au contenu « travail » mais riche de mes capacités et expériences, courrier qui dû convaincre puisque à un entretien je fus invitée.
Le lundi matin, dès 9h, je me présentai à l’accueil de la mairie dont les murs vantaient les qualités de notre environnement, j’y vis même une citation que j’adore, de Sénèque : « Hâte toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie ». Puis-je dire que je me sentis déjà à ma place en ce lieu ?
Alexis, puisqu’ainsi il se présenta, m’invita à le suivre dans son bureau. Beaucoup de femmes l’auraient trouvé «canon», moi non… beaucoup trop musclé à mon goût et donc vraisemblablement inconfortable… mais je m’égare, d’autant que sa franche poignée de main et son sourire me mirent tout de suite en confiance. Allions- nous être en phase côté travail ?
Après les échanges d’usage…
- Augustine, quel est votre sport préféré ?
C’est alors que jetant un coup d’œil rapide sur les murs, je fus ô combien surprise de n’y voir que des photos de sports plutôt musclés : haltérophilie, boxe, rugby, agrès, aviron, lutte gréco-romaine et même quelques photos de ce nouveau sport qu’est le longe-côte trail !
- Augustine, n’hésitez pas, vous n’avez pas besoin d’être totalement polyvalente, dites moi.
Qu’est ce que je faisais là ?
A 30 ans, même si on pouvait m’imaginer marathonienne, je n’aimais que la randonnée, le tennis, l’eau pour y barboter et… « le sport en chambre ».
- Je pense qu’il y a méprise
- Pardon ?
- Oui, j’ai cru postuler pour rechercher des muses
- Des muses ?
- Oui, des muses, des inspiratrices et non des muscles. Me tromper à ce point, comment est-ce possible ?
Tous deux interloqués, d’un commun accord, nous relûmes l’annonce parue dans « Journal Bonheur ». A mon grand soulagement l’entête de l’annonce était bien : « La ville de Haplou recherche candidat-e pour renforcer son pôle museculture ».
Un moment muets, nous éclatâmes de rire en même temps, grosse coquille du canard local : musculature était devenu museculture ! Il est possible que je sois la seule personne à l’avoir lu tel qu’il était ce mot mais peu importe, j’aurai rêvé un moment.
Alexis avait retrouvé son franc sourire, je quittai son bureau en riant et après qu’il m’eût offert de profiter d’un de ses entraînements.
Non merci mais va pour une bière !
L'ensemble des textes est consultable en cliquant sur ce lien Ensemble des textes de l'atelier Ecriture